Communiqué de presse

L’immobilisation insuffisante et une supervision inadéquate ont mené à la dérive de matériel roulant à Regina (Saskatchewan), en mars 2016

Winnipeg (Manitoba), le 21 mars 2017 — Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déterminé qu'une immobilisation insuffisante et une supervision inadéquate de la part des employés ont mené à la dérive d'un wagon-citerne à Regina (Saskatchewan), en mars 2016. Le rapport (R16W0059) publié aujourd'hui fait état des résultats de l'enquête.

Le 1er mars 2016, alors qu'une équipe de Cando Rail Services manœuvrait des wagons-citernes chargés de bitume à la raffinerie Co-op à Regina, un des wagons-citernes est parti à la dérive. Avant de s'immobiliser, ce wagon-citerne a atteint une vitesse de 19 mi/h et a parcouru quelque 2,7 milles (4,3 kilomètres), traversant sept passages à niveau publics ainsi qu'un enclenchement ferroviaire qui croisait la subdivision de Lanigan du Chemin de fer Canadien Pacifique. Les dispositifs de protection des passages à niveau ont fonctionné comme prévu et assuré la sécurité de la circulation routière. Il n'y a eu aucun blessé, et aucune matière dangereuse n'a été mise en cause.

L'enquête a permis de déterminer que l'incident s'est produit lorsque l'équipe a laissé le wagon-citerne sans supervision, immobilisé uniquement par serrage d'urgence des freins à air. Ceux-ci ont lentement laissé l'air fuir, ce qui a provoqué leur desserrage et permis au wagon de rouler. Les freins à main n'avaient pas été serrés sur le matériel laissé sans supervision. En outre, l'équipe n'avait ni vérifié l'efficacité des freins à main, ni effectué une séance d'information en présence de tous les membres de l'équipe, ni transmis un message radio d'urgence lorsque le wagon-citerne est parti à la dérive. Quoique l'équipe ait tenté de rattraper le wagon à la dérive avec la locomotive de manœuvre, cela ne pouvait se faire sans violer les restrictions de leurs limites d'exploitation.

L'enquête du BST a révélé qu'avant l'incident, la compagnie ne savait pas que les employés avaient adapté des règles et des procédures d'exploitation. Si les règles et les procédures d'exploitation font l'objet d'adaptations, les marges de sécurité intégrées aux règles se trouvent souvent réduites, ce qui augmente le risque d'activités dangereuses et d'accidents.

La majorité des mouvements incontrôlés de matériel roulant au Canada sont directement liés à des problèmes d'immobilisation. Comme suite à l'accident à Lac-Mégantic en 2013, le BST a recommandé que Transports Canada (TC) exige des compagnies ferroviaires canadiennes qu'elles mettent en place des moyens de défense physiques additionnels pour empêcher le matériel de partir à la dérive (Recommandation R14-04 du BST). Quoique TC ait révisé les règlements sur l'immobilisation des trains, le rapport indique une augmentation du nombre d'événements mettant en cause du matériel roulant à la dérive attribuables à une immobilisation inadéquate des trains (de 21 en 2014 à 33 en 2015). On a rapporté 27 incidents de cette nature en 2016.

Après cet événement, Cando Rail Services a pris des mesures pour accroître la sécurité de ses activités. Celles-ci comprenaient l'émission d'un bulletin à l'échelle du réseau, stipulant le serrage obligatoire d'un nombre minimal de freins à main sur tout matériel roulant, même s'il est sous la surveillance d'un employé.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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