Communiqué de presse

Une intervention humaine a probablement mené au mouvement non contrôlé et au déraillement de wagons garés à Montréal (Québec), en octobre 2015

Dorval (Québec), le 22 février 2017 — À la suite du mouvement non contrôlé et du déraillement en octobre 2015 d'une rame de wagons (un lot de wagons attelés ensemble) garée sur une voie non principale à Montréal (Québec), le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié aujourd'hui son rapport d'enquête (R15D0103), qui indique qu'une intervention humaine a probablement causé le mouvement des wagons.

Le 29 octobre 2015, une rame de 26 wagons intermodaux vides, qui était garée sur une voie d'entreposage près du triage Hochelagadu Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) à Montréal, est partie à la dérive. La rame a roulé sur environ 120 pieds avant de passer sur un dérailleur à charnière qui a fait dérailler seulement le premier wagon avant d'être arraché de la voie. Les dérailleurs sont des dispositifs mécaniques conçus pour arrêter les wagons et le matériel roulant qui partent à la dérive en les faisant dérailler. Les autres wagons ont continué à descendre la pente jusqu'à un deuxième dérailleur situé environ 400 pieds plus loin, causant le déraillement des quatre wagons suivants. Pendant ce temps, le premier wagon déraillé est passé par-dessus un talus, et a heurté une propriété privée. Les occupants de cette propriété ainsi que ceux de six résidences à proximité ont été évacués. La propriété privée, les wagons et la voie ont été endommagés. Aucune marchandise dangereuse n'était en cause et personne n'a été blessé.

La rame de wagons n'avait pas été déplacée depuis son entreposage en mai 2015. Compte tenu de l'absence de rapport d'événement météorologique exceptionnel dans la région et du fait que l'efficacité des freins à main ne se dégrade généralement pas avec le temps, l'enquête a établi qu'une intervention humaine a probablement réduit l'effort de freinage, laissant la gravité provoquer le mouvement des wagons. Malgré une surveillance accrue dans cette zone, les membres du personnel ferroviaire croisaient régulièrement des intrus le long de la voie où étaient garés les wagons. La compagnie ferroviaire n'a toutefois pas considéré cette présence d'intrus comme un danger lorsqu'elle a choisi d'immobiliser les wagons à cet endroit et n'a réalisé aucune inspection particulière sur lesdits wagons.

Au Canada, entre 2006 et 2015, 397 événements mettant en cause des wagons ou du matériel roulant partis à la dérive ont été signalés au BST. Environ 8 % de ces événements ont été causés par une intervention humaine. Comme il est relativement simple de desserrer les freins à main des wagons, ces derniers sont vulnérables aux manipulations par des personnes non autorisées lorsqu'ils sont immobilisés. En l'absence de mesures pour prévenir l'altération des freins à main des wagons garés dans des zones où les intrusions sont fréquentes, le risque que du matériel roulant parte à la dérive est plus élevé. Le Bureau a déjà émis une recommandation demandant des exigences relatives à l'installation de clôtures le long des emprises des chemins de fer aux endroits où de fréquentes incursions de piétons sont connues (R91-01).

À la suite de l'événement, le CP a pris plusieurs mesures supplémentaires pour éliminer les intrusions à cet endroit.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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