Communiqué de presse

Des commandes de navigation laissées sans surveillance ont causé l’abordage de 2 remorqueurs près de Nanaimo (Colombie-Britannique) en mai 2016

Richmond (Colombie-Britannique), le 17 août 2017 — Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié aujourd’hui son rapport d'enquête (M16P0162) sur l'abordage entre les remorqueurs Albern et C.T. Titan qui s'est produit, en mai 2016, dans le canal Northumberland près de Nanaimo (Colombie-Britannique). L'abordage a entraîné le naufrage de l'Albern et a endommagé la coque du C.T. Titan. Il n'y a eu aucun blessé; une pollution légère a été signalée.

Le 24 mai 2016, vers 17 h 30, heure avancée du Pacifique, le remorqueur Albern, avec 2 personnes à bord, et le remorqueur C.T. Titan, avec 3 membres d'équipage à bord, ont quitté un parc à grumes à destination du port de Nanaimo pour un changement d'équipage. Le C.T. Titan suivait une trajectoire parallèle à celle de l'Albern et était en train de le dépasser.

L'enquête a révélé que le capitaine du C.T. Titan avait quitté la passerelle haute pour naviguer depuis la timonerie alors que son remorqueur dépassait l'Albern à plein régime,et avait ainsi laissé les commandes de navigation sans surveillance pendant 6 à 8 secondes. Durant cette période, le C.T. Titan a dévié à bâbord, probablement en raison du désalignement de ses gouvernails, et le capitaine n'a pas réussi à transférer la commande de propulsion au poste de la timonerie assez rapidement pour éviter l'abordage. La force du choc a renversé l'Albern, ce qui l'a fait chavirer puis sombrer. Les deux membres d'équipage de l'Albern ont été emprisonnés sous le navire alors qu'il chavirait, mais ont réussi à s'échapper avant le naufrage. Ils ont été secourus par l'équipage du C.T. Titan.

L'enquête a aussi établi qu'il existait des risques liés à des pratiques de travail non sécuritaires, à l'absence de processus de gestion de la sécurité au sein de l'entreprise et à des inspections réglementaires insuffisantes. Si des pratiques de travail non sécuritaires, comme la méthode de transfert de commande sans surveillance à bord du C.T. Titan, sont utilisées sans qu'il y ait des conséquences négatives, il y a un risque que les exploitants aient une perception réduite des dangers qu'elles comportent et qu'ils continuent de les appliquer. Le BST a aussi souligné que si les entreprises n'ont aucun processus pour gérer la sécurité des navires, y compris le développement de procédures d'exploitation sécuritaires, il y a un risque que des défectuosités dans l'équipement des navires et des lacunes dans les méthodes de travail passent inaperçues et ne soient pas corrigées.

Après l'événement, l'entreprise, qui était propriétaire des deux navires, a fait en sorte qu'une analyse de l'écart entre le système de gestion de la sécurité et le Code international de gestion de la sécurité soit effectuée et qu'un plan d'action soit élaboré. Les employés de l'entreprise ont ainsi suivi un cours de formation sur la conscience situationnelle et sur la gestion des ressources à la passerelle. L'entreprise a aussi corrigé les lacunes de sécurité liées à l'assujettissement du radeau de sauvetage.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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