Lettre au rédacteur/rédactrice en chef au Globe and Mail

Objet : Articles des 7 et 8 mars concernant l’accident de Lac-Mégantic

Madame/Monsieur,

Dans deux articles publiés récemment, Grant Robertson affirme que [traduction] « une simple mesure de sécurité de 10 secondes aurait permis d’éviter le désastre survenu à Lac-Mégantic », et que le serrage des freins à air automatiques du train de plus de 70 wagons aurait suffi à le maintenir en place au moins une journée durant, sinon beaucoup plus longtemps.

Le rapport d’enquête final du BST traite longuement des règles sur l’immobilisation des trains en général, lesquelles insistent sur le fait que l’équipement laissé sans surveillance doit être immobilisé au moyen des freins à main (des dispositifs mécaniques), et non au moyen de freins à air, du fait de leur manque de fiabilité. Il est connu que les freins à air sont sujets à des fuites. En outre, il est impossible de prédire à quelle vitesse ni à quel moment l’air s’échappera des freins d’un wagon donné. Puisqu’il existe des solutions de rechange, celles-là permanentes, il est préférable que les chemins de fer aient recours à celles qui garantissent que l’équipement soit immobilisé indéfiniment. C’est la raison pour laquelle nous rejetons l’idée que les freins à air [traduction] « auraient été un dispositif de secours suffisant pour pallier aux freins à main ».

Au cours des années, de nombreux incidents de wagons partis à la dérive ont été causés par l’échappement d’air des freins à air. C’est pourquoi le BST, en août 2014, a recommandé à Transports Canada d’exiger que les compagnies ferroviaires mettent en place des moyens de défense physiques additionnels pour empêcher le matériel de partir à la dérive. Il pourrait s’agir de dispositifs de calage des roues, de dérailleurs ou de technologies de freinage modernes. Le moyen préconisé, quel qu’il soit, devra toutefois être un moyen assuré; les freins à air ne le sont tout simplement pas.

Veuillez agréer, Madame/Monsieur, mes salutations distinguées,

Kathy Fox
Présidente, Bureau de la sécurité des transports du Canada