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COPA et le BST – Main dans la main pour le progrès de la securite aerienne

Par Kathy Fox,
Présidente, Bureau de la sécurité des transports du Canada

Adaptation d’un article publié dans le numéro de juillet 2016 du magazine COPA Flight.

Il me fait plaisir de contribuer au lancement du nouveau magazine de COPA puisque je suis membre de cette association depuis plus d'une trentaine d'années, ce qui me permet d'en apprécier pleinement le travail. Aujourd'hui, je dirige un organisme voué à l'amélioration de la sécurité des transports pour les Canadiens. Il existe donc une nette convergence de nos intérêts réciproques. J'aimerais tout d'abord vous expliquer ce en quoi consiste le mandat du BST.

Le BST est un organisme d'enquête indépendant créé en 1990. Sa mission première consiste à promouvoir la sécurité du transport maritime, ferroviaire et aérien, ainsi que du transport par pipeline :

  • en procédant à des enquêtes indépendantes sur des événements de transport choisis;
  • en constatant les lacunes de sécurité;
  • en formulant des recommandations sur les moyens d'éliminer ou de réduire ces lacunes;
  • en publiant des rapports rendant compte de nos enquêtes.

La principale caractéristique du BST est son indépendance de Transports Canada. Le Bureau relève directement du Parlement par l'intermédiaire du Leader du gouvernement à la Chambre des communes. Nous ne sommes pas habilités à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales. Nous nous préoccupons uniquement d'améliorer la sécurité en découvrant ce qui est arrivé et pourquoi.

Il s'agit là d'un mandat de toute première importance assorti d'une grande responsabilité. Nous vivons en effet dans un pays très vaste et, chaque année, quelque 3700 événements sont signalés au BST, dont 1000 sont des événements d'aviation. À l'heure actuelle, nous pouvons affirmer que sur ces 1000 incidents ou accidents, environ 200 mettent en cause des avions privés. Au cours de la dernière décennie, il y a eu en moyenne 34 accidents d'aviation entraînant des pertes de vie. Environ 11 pour cent des accidents d'avions privés ont causé des pertes de vie. Tous ces chiffres sont éloquents puisqu'ils nous indiquent qu'il est possible de faire beaucoup mieux en matière de sécurité. Je formule ici l'espoir que nous y parviendrons.

L'une des questions que l'on me pose le plus souvent est : « Mais pourquoi donc le BST n'a-t-il pas fait enquête sur tel ou tel accident? » Je peux vous assurer que nous menons une enquête exhaustive lorsque nous sommes convaincus qu'elle contribuera, selon un haut degré de probabilité, à améliorer la sécurité des transports. C'est là notre raison d'être. À tout le moins, nous recueillons les renseignements clés sur l'accident ou l'incident à des fins statistiques ou d'analyse des tendances, ou pour porter assistance à toute autre instance, comme le bureau du coroner. Dans les cas où notre démarche nous permet de cerner une question de sécurité qui gagnerait à être plus largement diffusée, le BST dispose d'une panoplie de moyens d'attirer l'attention. Je parle ici des lettres d'information sur la sécurité ou des avis de sécurité qui permettent au BST de saisir l'organisme de réglementation ainsi que l'industrie de tout problème de sécurité. Et, de toute évidence, le BST fournira de l'information aux familles sur demande.

Comme nous le savons tous, le monde dynamique de l'aéronautique est en évolution et en progression constantes. Le BST se doit donc de continuer de proposer tout changement susceptible d'améliorer la sécurité de l'aviation. Dans cet esprit, notre Liste de surveillance se révèle un outil de première force pour attirer l'attention sur les enjeux qui font courir les plus grands risques au système de transport du Canada. Présentement, les accidents à l'approche et à l'atterrissage, le risque de collision sur les pistes, de même que la gestion de la sécurité et la surveillance figurent sur la liste des enjeux à régler dans le milieu de l'aviation. De plus, nous poursuivons nos efforts visant la mise en œuvre d'autres recommandations en suspens, comme l'exploitation sécuritaire des hydravions.

Ces activités font toute la différence. Qu'il s'agisse de proposer l'adoption de nouvel équipement visant à améliorer la sécurité ou de recueillir des informations pertinentes en vue de leur analyse ultérieure, nous nous préoccupons constamment de remplir notre mandat. J'espère que votre association et ce magazine contribueront au premier plan à rendre notre ciel plus sécuritaire pour tous les Canadiens.